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Lili Leignel, le dernier témoin

Le 21 juin, Lili Leignel se présentera devant les collégiens et citoyens wasquehaliens pour témoigner d'une des pires atrocités commises dans l'histoire de l'Humanité. A bientôt 86 ans, elle est l'une des dernières survivantes des camps de la mort. Voilà près de trente ans que cette dame belle et digne en toutes circonstances se bat pour expliquer aux jeunes générations pourquoi la haine n'a aucun sens. Pourquoi la peur de l'autre ne fait pas plus avancer. Avec une question sans réponse : comment tout cela a-t-il pu exister ?

Elle n'avait que 11 ans, Lili, quand elle a été déportée avec toute sa famille, certainement dénoncée. Une nuit de 1943, à Roubaix, les Rozenberg ont été raflés. L'avant, le pendant, l'après, c'est toute sa vie que Lili viendra sans concession nous raconter.

''Si je suis rentrée, c'est que ça doit avoir un sens'' , lance-t-elle d'emblée. Comment se reconstruire après avoir vécu l'horreur ?  ''A la fin de la guerre, on se taisait, on était traumatisés. Certains remettaient en cause ce que l'on racontait.'' Un silence qui prit fin au début des années 80, quand certains négationnistes tentèrent de se hisser sans vergogne en haut du pavé.  ''J'ai alors décidé d'expliquer aux jeunes l'ignominie, pour qu'ils soient conscients qu'il ne fallait pas laisser dire n'importe quoi. Rétablir la vérité, être vigilant et courageux, continuer à combattre le racisme, la xénophobie et l'antisémitisme qui sont encore un fléau aujourd'hui. On dit toujours ''plus jamais cela'', mais les hommes ne sont pas raisonnables. On ne construit rien avec la guerre. Je le fais pour la paix.' '

Travail de mémoire

De quelques interventions au départ, Lili a poursuivi sa mission jusqu'à toucher aujourd'hui près de 15 000 élèves par an. C'est simple, son agenda est pratiquement aussi rempli que celui d'un ministre.  ''J'étais hier à Berck, demain à Fourmies.' ' Avant-hier aussi à Lyon, à Rodez, à Nantes, à Berlin... Aussi sur les lieux-mêmes du crime, quand Lili gardait cette même force pour accompagner des groupes de jeunes à Auschwitz, Ravensbrück, Mauthausen, Bergen- Belsen ou Buchenwald. Des lieux où elle et ses proches ont connu l'enfer, où son père a été assassiné.

Mais où trouve-t-elle toute cette force, Lili, pour garder ce rythme, cette foi, cette énergie sans limites qui à chaque fois estomaque quiconque la rencontre ?

''Je me déplace partout où l'on me sollicite. Le devoir de mémoire est indispensable. Je dirais plutôt le travail de mémoire, car devoir induit une notion d'obligation. J'ai une mission que j'ai la force de remplir jusqu'à n'en plus pouvoir. Même si parfois c'est difficile je ne laisse jamais rien apparaître. A chaque fois deux heures debout avec bien du rouge à lèvres. C'est ma marque, ma dignité.''

Conférence de Lili Leignel le jeudi 21 juin à 14 h salle des fêtes. Entrée libre.