Vous êtes ici : Accueil / Culture / Patrimoine / L'église Saint-Nicolas et ses orgues

Culture

L'église Saint-Nicolas et ses orgues

Emblème du patrimoine de la ville, l’église Saint-Nicolas a traversé l’histoire, et tient une place particulière dans la vie des citoyens, croyants ou non. Même si la première pierre de l’Église Saint-Nicolas actuelle ne fut posée qu’en 1877, l’ensemble, complété par les orgues en 1989, la restauration des vitraux et du Maître-autel plus récemment, mérite qu’on s’y arrête plus longuement.

Qui était Saint-Nicolas ?

Autrefois évêque de Mya (Turquie actuelle), Saint-Nicolas est décédé un 6 décembre. Reconnu pour sa très grande générosité, il devint au Moyen-Age le patron des petits enfants puis des écoliers. Vêtu d’un costume d’évêque, Saint Nicolas récompensait les enfants méritants et punissait les dissipés. Son personnage est entouré de nombreuses légendes. La plus connue d’entre elles dans la nuit de 5 au 6 décembre, Saint-Nicolas va de maison en maison pour demander aux enfants si ils ont été obéissants. Les enfants sages reçoivent alors des cadeaux, des friandises, tandis que les méchants n’ont droit qu’à une trique donnée par le père Fouettard qui accompagne Saint-Nicolas !

Trois édifices au fil du temps

A l’époque où les grandes cathédrales commencent à sortir de terre, Wasquehal n’avait même pas une chapelle. Pourtant en 1252, la commune qui ne compte qu’une soixantaine de foyers, commence la construction de sa première église. Ce sont les Wasquehaliens qui alimentent le chantier en amenant en brouettes les pierres blanches des carrières de Lezennes. A cette époque, le travail bénévole fourni au bénéfice du culte, est assimilé à la prière ou à la pénitence. La présence du cimetière à cet endroit depuis le haut-moyen âge, et la fidélité des Chrétiens aux lieux sacrés, fait penser que cette première construction fut bâtie sur l’actuelle place du général de Gaulle. En 1482, les troupes de Louis XI lancées à la poursuite de celles de Maximilien d’Autriche, atteignent Wasquehal, brûlent le centre du village et détruisent l’église. 1511 voit s’élever la seconde église sous la seigneurie de Robert de Ranchicourt et de Catherine de Bergues. Les reliques de Saint Maur ayant disparu dans les événements, Saint-Nicolas qui était déjà très honoré en devient le Saint Patron. Jugée trop vétuste et trop petite, elle cède la place à l’édifice actuel en 1877. Devant le manque de fonds, le bâtiment reste sans clocher, l’ancien reste donc en place seul au milieu de la place durant près d’un quart de siècle.

Une église de style gothique simple

Un seul vaisseau d’une longueur de 57 mètres, flanqué de bas côtés compose l’église Saint-Nicolas. L’abside se termine en un hémicycle à cinq pans, et les fenêtres de forme ogivale ont un contour de pierres blanches. La hauteur intérieure de la voûte de la grande nef est de 16 mètres, 7 mètres pour les nefs latérales. La façade de style gothique, possède un tympan de pierres sculptées, et un portail de chêne. La tour culmine à 40 m de hauteur, tandis que le clocher atteint les 50 m. La couverture à toits pointus est d’ardoise et la maçonnerie principale de briques.

Les trésors de Saint-Nicolas

Trois reliquaires

Le culte des reliques a connu son apogée au Moyen-Age. Pensant que Dieu était trop lointain, l’homme priait les Saints afin qu’ils intercèdent en leur faveur. Les chrétiens restaient en contact avec les Saints en touchant leurs reliques. Les reliquaires sont souvent des œuvres d’art richement décorées qui se devaient de révéler tout le précieux qu’ils contenaient. L’église Saint-Nicolas possède trois reliquaires en forme de chapelle de style néogothique de la première moitié du XIXème siècle. Celui de Saint-Maurice contient deux os de sa jambe, et leur authentification par Monseigneur Villain évêque de Tournai, vers 1653. Celui de Saint- Christophe, un fémur et un os de jambe et un parchemin d’authentification. Le reliquaire de Saint Fortunat contient divers fragments d’os et un crâne consolidé de cire et ceint d’un demi-bandeau gravé et leur parchemin d’authentification.

Les cloches

Il ne subsiste qu’une seule cloche de l’ancienne église “Caroline-Ferdinande”, 210 kg et 0,75 m de diamètre, la plus grande cloche “Joséphine-Charlotte” ayant été enlevée par les allemands en 1917. En 1929, deux autres cloches les ont rejoint : Marie-Clémentine-Eugénie-Henriette, et Françoise-Thérèse-Jeanne-Amélie. Les cloches portent le nom de leurs marraines ou parrains.

Le tableau : la nativité de Van Oost (1688)

Héritier à la fois de la tradition flamande et des grands maîtres d’Anvers, Van Oost est en même temps imprégné des cultures italienne et française. Il épouse en 1670, Marie Bourgeois, d’une famille lilloise, et s’installe dans la cité. Jusqu’en 1708, date de son retour à Bruges, le peintre ne cesse de produire des œuvres religieuses et des portraits pour les églises de la région. Datant du XIXème siècle, cet ensemble en pierre et plâtre polychrome et doré, mesure 4,40 m de long et 2,30 m de haut. Parmi les sculptures, on peut y reconnaître une représentation de la nouvelle église Saint Nicolas. Dernièrement, ce chef-d’œuvre a été restauré, et les couleurs d’antan ont pu retrouver leur éclat d’origine.

Les orgues, joyau du patrimoine wasquehalien

C’est en 1985 que Gérard Vignoble constate à quel point l’orgue de l’église Saint-Nicolas donne des signes de défaillance, bien compréhensibles après un siècle d’existence et les détériorations durant la grande guerre. Naît alors le projet des grandes orgues de l’église Saint-Nicolas. Ce projet, soutenu par la municipalité est emmené par l’association “Au cœur de l’orgue”, qui reçoit à l’époque les avis favorables de la Direction de la Musique et de la Commission diocésaine d’Art sacré. Un plan de financement alliant fonds publics et privés (mécénat) est lancé, tandis que l’association, le conservatoire, les chorales municipale et paroissiale organisent des manifestations autour de ce grand projet. En décembre 1989, les grandes orgues sont finalement inaugurées. Leur installation a été l’occasion d’une vaste restauration de l’église, sas d’entrée avec ses grandes portes de chêne vitrées, chauffage par le sol, réfection des équipements électriques, peintures...

L’orgue de Saint Nicolas, instrument et œuvre d’art

Réalisé par Gérald Guillemin, l’orgue wasquehalien est de facture allemande. Ce fut à l’époque un des tout premiers de ce type. On peut dire que sa construction a fait date dans l’histoire contemporaine de la facture d’orgue en France et a suscité l’exemple par la suite. 30 000 heures de travail ont été consacrées à sa création et son installation. Avec ses 3 claviers de 56 touches, ses 2800 tuyaux, l’orgue de Saint Nicolas a été joué par des musiciens de renommée mondiale. Aujourd’hui encore, des élèves du conservatoire viennent apprendre cette discipline musicale unique avec leur professeur Didier Braem, qui joua un grand rôle dans la mise en place du projet et qui est en quelque sorte, aujourd’hui encore, le “conservateur” de l’orgue. Au-delà de la qualité de l’instrument, les orgues constituent une véritable œuvre d’art avec de splendides sculptures en chêne massif sur les frontons du buffet et des tourelles, qui sont en parfaite harmonie avec l’ensemble de l’église.

L’église Saint -Nicolas et ses orgues, pôle d’attraction culturelle

Avec les orgues de Saint Nicolas, la ville s’est dotée d’un élément de patrimoine incontournable. Plus encore, l’orgue a contribué à créer un pôle d’attraction culturelle au cœur de la métropole. En effet, l’église, dont la fonction première est d’accueillir les paroissiens, est devenue également un lieu prestigieux pour les concerts proposés par la municipalité dans le cadre de sa programmation culturelle. Qualité acoustique, lumière, chaleur de l’église, tous les artistes s’accordent à dire que l’église Saint Nicolas est un lieu propice à la musique... Et sans aucun doute au recueillement.

Souscription pour le clocher de l'église St Nicolas

Une souscription est lancée pour mobiliser le mécénat populaire. Elle sera ouverte jusqu'à la fin des travaux qui débuteront en février 2014. Cette appel s'adresse aux wasquehaliens, mais aussi aux entreprises sensibles à la restauration du patrimoine. Tous les dons sont bienvenus, quelle que soit leur importance.

Plus d'informations

Le saviez-vous ?

Orgue est un nom masculin, mais depuis le XVIIIe siècle, il est masculin au singulier et féminin au pluriel quand il désigne un seul instrument. On dit l’orgue ou les grandes orgues d’une église. Le nouvel orgue a suscité des réalisations tels qu’un timbre à son effigie en 1991 ou encore des enregistrements de disques. C’est le cas du disque de la chorale paroissiale St Nicolas qui a utilisé largement l’orgue.